Dents de sagesse : en quoi sont-elles différentes des autres dents ?
« Dents de sagesse », c’est le nom que l’on donne aux troisièmes molaires qui font leur éruption longtemps après les autres dents. Elles sortent généralement entre l’âge de 17 et 23 ans, une période autrefois qualifiée comme « l’âge de la sagesse ». Cette arrivée tardive vient de leur grande taille et de leur emplacement au fond de la bouche ; les mâchoires doivent avoir atteint leur forme finale pour qu’elles puissent sortir. Malgré cela, les dents de sagesse n’ont pas toujours l’espace suffisant pour ce faire. Cela résulte sur des schémas d’éruption variés et porteurs de différents problèmes.
Quelques schémas d’éruption problématiques

- Inclusion : La dent reste incluse, c’est-à-dire qu’elle demeure dans l’os/la gencive sans jamais en sortir. Elle est toutefois présente et susceptible de bouger dans la mâchoire et de nuire aux racines des dents voisines. Un abcès ou un kyste peuvent aussi s’y former.
- Semi-inclusion : La dent ne sort pas complètement et sa couronne est partiellement recouverte par une bande de gencive. Cela la rend vulnérable aux infiltrations de nourriture et de bactéries. Des infections (péricoronarite, carie, gingivite profonde) risquent alors de se développer et de s’étendre aux tissus voisins, voire à l’os alvéolaire. Les attaques bactériennes répétées peuvent aussi mener à la formation de lésions potentiellement cancéreuses.
- Malpositions : Les dents de sagesse sortent parfois complètement, mais se positionnent anormalement (mauvaise angulation des racines, placement hors de l’arcade dentaire, etc.), ce qui les rend encore plus difficiles à nettoyer et à traiter. Leurs racines peuvent par ailleurs bouger et nuire à celles des dents adjacentes.
Des extractions qui s’imposent parfois

En plus de ces divers schémas d’éruption, la position reculée des dents de sagesse les rend vulnérables aux maladies buccodentaires et aux complications. Il est parfois dur de bien brosser ces molaires et d’y passer correctement la soie dentaire. Il est aussi souvent difficile de les traiter en cas de maladie. C’est pourquoi on les extrait dans de nombreux cas, à des fins curatives (quand un problème est déjà présent) autant que préventives (pour éviter l’apparition de diverses affections et protéger les structures voisines).
Extraction des dents de sagesse : tout commence par une bonne évaluation

Si les extractions servent parfois à traiter des dents de sagesse malades, on préfère généralement les retirer de façon préventive, avant que les problèmes se déclarent. Pour déterminer les risques inhérents à la présence de ces dents et savoir s’il faut procéder ou non à l’extraction, votre dentiste procédera à un examen complet incluant la prise de radiographies. Cette évaluation, comme la chirurgie qui la suit souvent, peut être réalisée dès l’adolescence, avant même leur apparition !
